Responsabilité hospitalière pour risque professionnel – L’exigence d’une reconnaissance préalable d’imputabilité
La Cour administrative d’appel de Nantes (n° 24NT02763)s vient de rappeler – le 1er décembre- une règle procédurale fondamentale en matière de responsabilité sans faute des employeurs publics pour risque professionnel. Un agent public ne peut obtenir réparation de son préjudice sur ce fondement qu’après avoir préalablement sollicité et obtenu la reconnaissance de l’imputabilité au service de sa pathologie.
Cette exigence s’inscrit dans un régime juridique spécifique établi par les articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, transposés à la fonction publique hospitalière par les articles 36 et 37 du décret du 26 décembre 2003. Ces textes prévoient qu’un fonctionnaire victime d’une maladie ou d’une blessure contractée en service peut prétendre à une rente viagère d’invalidité et à une allocation temporaire d’invalidité.
Toutefois, la jurisprudence a précisé que ces prestations forfaitaires ne réparent que les pertes de revenus et l’incidence professionnelle. Pour obtenir l’indemnisation complémentaire d’autres préjudices patrimoniaux ou personnels, l’agent doit au préalable avoir demandé et obtenu une décision administrative reconnaissant l’imputabilité de sa pathologie au service. Cette reconnaissance constitue un préalable indispensable à toute action indemnitaire, même si des expertises médicales établissent un lien direct entre la pathologie et les fonctions exercées.
Cette solution jurisprudentielle garantit un équilibre entre la protection des agents publics contre les risques professionnels et la sécurité juridique des employeurs publics, en imposant une procédure administrative préalable structurée. Elle rappelle également que la responsabilité pour rupture d’égalité devant les charges publiques ne peut constituer un fondement alternatif lorsque les conditions d’une suspension conservatoire n’ont pas causé de préjudice anormal et spécial, notamment quand la rémunération a été intégralement maintenue.
Si vous rencontrez une difficulté en droit de la fonction publique, n’hésitez pas à nous contacter.
Nausica Avocats
12 Rue des Eaux, 75016 Paris
09 78 80 62 27
Nos derniers articles similaires
-
Le refus de mise à disposition d’une salle communale : les enseignements de deux décisions récentes
Les tribunaux administratifs de Melun et de Montpellier ont récemment eu à connaître de contentieux relatifs au refus de mise à disposition de salles communales à des associations à vocation politique ou culturelle. Les ordonnance et jugement rendus respectivement le 26 novembre 2025 (TA Melun,......
23 janvier, 2026 -
Vitrophanie et affichage sur les permanences électorales: interview pour Radio Ici.
Maître Louis le Foyer de Costil a été interrogé par la Radio Ici (Champagne-Ardenne) à propos de la légalité de l’affichage sur des permanences de candidats aux élections municipales de 2026. La question se posait notamment de la légalité de la vitrophanie avec nom et......
23 janvier, 2026 -
Vitrophanie sur permanence électorale : une zone grise juridique à maîtriser pour les municipales 2026
À quelques semaines des élections municipales de mars 2026, la question de l’affichage électoral sur les permanences de campagne revient sur le devant de la scène juridique. Une récente ordonnance du Tribunal administratif de Rouen (31 décembre 2025, n° 2505987) illustre parfaitement les tensions juridiques......
21 janvier, 2026
-
Protection fonctionnelle d’un élu et faute personnelle : les limites de la solidarité communale
Le Tribunal administratif de Toulon a rendu le 12 septembre 2025 une ordonnance qui rappelle avec fermeté les conditions d’octroi de la protection fonctionnelle aux élus locaux. Cette décision, prononcée dans le cadre d’un déféré préfectoral, illustre les tensions qui peuvent naître lorsqu’une collectivité territoriale......
23 janvier, 2026 -
Suspension d’un fonctionnaire pour défaut de passe vaccinal : quand l’erreur de fondement juridique entraîne l’annulation
Le jugement rendu par le tribunal administratif de Lille le 16 décembre 2025 offre un exemple remarquable de l’application du régime sanitaire mis en place pendant la crise de la covid-19. Cette affaire, qui concerne la suspension d’un professeur de musique pour défaut de passe......
22 janvier, 2026 -
Suspension conservatoire d’un fonctionnaire : les limites temporelles de la mesure
Le Tribunal administratif d’Orléans a rendu le 15 janvier 2026 une décision qui rappelle avec fermeté les principes encadrant la suspension conservatoire des fonctionnaires. En annulant la prolongation de suspension d’une directrice d’école maternelle, les juges orléanais réaffirment que le respect des garanties légales constitue......
21 janvier, 2026