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Refus de réinscription à l’université : que peut faire l’étudiant ajourné ?

Antoine Fouret - Avocat Associé

Nausica Avocats 

12 Rue des Eaux, 75016 Paris

09 78 80 62 27

Le droit à la réinscription : principe et encadrement

 

En principe, un étudiant ajourné à l’issue d’une année universitaire peut se réinscrire pour redoubler. Ce droit n’est toutefois pas absolu : les universités peuvent, dans leur règlement des études, limiter le nombre de réinscriptions dans un même niveau de formation (L1, L2, L3, M1). Passé ce seuil, un refus de réinscription peut être légalement prononcé, à condition qu’il soit motivé, que le règlement l’ait prévu, et que celui-ci ait été appliqué uniformément à l’ensemble des étudiants concernés.

Il est donc indispensable, avant toute démarche, de consulter le règlement des études de l’université, qui constitue le seul fondement légal d’un refus de réinscription fondé sur le nombre de tentatives.

 

Les motifs légaux et les motifs illégaux de refus

 

Un refus de réinscription est légal s’il repose sur le règlement des études publié, appliqué de manière uniforme et régulièrement notifié à l’étudiant. Il devient illégal dans les cas suivants : absence de motivation écrite de la décision, non-respect du règlement applicable (refus prononcé avant que le nombre maximum de tentatives soit atteint), discrimination, ou absence de prise en compte d’une situation de handicap ou de force majeure dûment établie.

Les refus fondés sur des résultats jugés insuffisants, sans base réglementaire explicite dans les modalités de contrôle des connaissances, sont régulièrement annulés par les tribunaux administratifs.

 

Comment contester un refus de réinscription ?

 

L’étudiant doit d’abord adresser un recours gracieux au président de l’université, en demandant simultanément la communication des motifs précis du refus. Si ce recours n’aboutit pas dans le délai de deux mois, une saisine du médiateur académique ou un recours contentieux devant le tribunal administratif est envisageable.

En cas d’urgence, notamment si la rentrée universitaire est proche et que l’étudiant risque de perdre son statut, un référé peut être introduit. Les juridictions administratives ont déjà enjoint à des universités de procéder à des réinscriptions refusées sans fondement régulier.

FAQ

❓ L’université peut-elle refuser ma réinscription sans me l’expliquer par écrit ?

Non. Un refus de réinscription est une décision administrative qui doit être notifiée à l’étudiant et comporter une motivation. L’absence de motivation constitue elle-même un vice de légalité susceptible de conduire à l’annulation de la décision.

❓ Mon université peut-elle me refuser la réinscription pour des raisons disciplinaires ?

Oui, à condition qu’une sanction disciplinaire régulièrement prononcée le prévoie. En dehors de ce cas, un refus fondé sur des considérations disciplinaires sans procédure formelle est illégal.

❓ Combien de fois peut-on redoubler en licence ?

La loi ne fixe aucun nombre maximum au niveau national. Chaque université le détermine dans son règlement des études. Ce règlement doit être publié et accessible aux étudiants. Il est impératif de le consulter avant d’engager toute démarche.

❓ Un refus de réinscription en master obéit-il aux mêmes règles ?

Partiellement. Le master étant sélectif, les règles de réinscription après un ajournement sont souvent plus restrictives. Mais un refus doit toujours reposer sur le règlement applicable et être motivé. En l’absence de ces conditions, il est contestable.

❓ Quels délais pour agir après un refus de réinscription ?

Deux mois à compter de la notification du refus pour le recours contentieux. Un recours gracieux préalable suspend ce délai. Il est impératif d’agir rapidement, surtout si la rentrée universitaire est proche.

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