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Tiers temps et aménagements d’examen : vos droits et les recours en cas de refus

Antoine Fouret - Avocat Associé

Nausica Avocats 

12 Rue des Eaux, 75016 Paris

09 78 80 62 27

Le droit aux aménagements : fondements légaux et contenu

 

L’article L. 112-4 du Code de l’éducation et ses textes d’application garantissent aux candidats en situation de handicap des aménagements lors des examens et concours. Ces aménagements ne sont pas une faveur : ils constituent un droit légalement opposable à toute administration organisant un examen.

Ils peuvent comprendre : du temps supplémentaire (tiers temps ou majoration plus importante selon la nature du handicap), la mise à disposition d’un secrétaire (ou lecteur), des supports adaptés (police de caractères agrandie, loupe, ordinateur avec logiciel adapté), des pauses spécifiques, une salle d’examen séparée, ou encore la possibilité de passer l’épreuve en deux temps. Pour le baccalauréat, comme pour les examens universitaires, les concours de la fonction publique et les concours des grandes écoles publiques, ces droits sont opposables.

 

La procédure de demande : MDPH, médecin désigné et délais

 

La demande d’aménagement repose sur une double expertise. La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) reconnaît formellement la situation de handicap et peut notifier des aménagements scolaires via le PPS. Par ailleurs, un médecin désigné par la commission médicale académique compétente évalue les besoins spécifiques du candidat pour les examens, en fonction de la nature et de la sévérité du handicap.

Pour le baccalauréat, la demande doit être transmise au chef d’établissement avant la date limite fixée par le rectorat, généralement en novembre ou décembre de l’année de préparation. Un retard dans le dépôt peut être opposé au candidat comme motif de refus. Il est impératif d’anticiper.

 

Refus d’aménagement : recours et urgence

Un refus d’aménagement peut être contesté. La première étape est un recours gracieux adressé au recteur d’académie, exposant les raisons pour lesquelles le refus est injustifié au regard du diagnostic médical. Si ce recours échoue, un recours contentieux devant le tribunal administratif est possible.

En cas d’urgence, notamment si les épreuves du baccalauréat ou d’un concours sont imminentes, un référé-liberté peut être introduit devant le tribunal administratif. Ce type de recours, qui peut aboutir en 48 heures, est fondé sur l’atteinte grave et manifestement illégale au droit à l’éducation garanti par la Constitution. Des décisions favorables ont déjà été rendues à quelques jours des épreuves.

FAQ

❓ Un diagnostic de dyslexie suffit-il pour obtenir le tiers temps au baccalauréat ?

Non automatiquement. Le diagnostic doit être confirmé par un médecin désigné qui apprécie, en fonction de la sévérité des troubles, l’opportunité et la forme des aménagements accordés. Un bilan orthophonique récent et un rapport neuropsychologique sont généralement nécessaires pour étayer la demande.

❓ Le tiers temps peut-il être accordé pour un TDAH ou un TSA ?

Oui. Les troubles TDAH et TSA figurent parmi les situations pouvant justifier des aménagements d’examen, y compris le tiers temps. La demande suit la même procédure : médecin désigné, dossier médical circonstancié, transmission dans les délais.

❓ L’aménagement accordé pour le bac est-il automatiquement valable à l’université ?

Non. Les deux systèmes sont indépendants. À l’université, une nouvelle demande doit être formulée auprès du service de médecine préventive ou du service handicap de l’établissement, dès la première inscription.

❓ Peut-on contester la décision du médecin désigné si les aménagements accordés sont jugés insuffisants ?

Oui. La décision du médecin désigné peut faire l’objet d’un recours hiérarchique. Un avocat peut vous aider à formaliser cet argument, notamment en faisant valoir les conclusions d’autres professionnels de santé.

❓ Est-il possible de déposer une demande d’aménagement en urgence, à quelques semaines du baccalauréat ?

Oui, mais c’est plus difficile. Il faut démontrer que le retard est imputable à un événement imprévisible (diagnostic récent, hospitalisation) et non à une négligence. En cas de refus, un référé d’urgence devant le tribunal administratif peut être la seule voie.

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